Travaux de préservation de l'écrevisse à pattes blanches

 

En 2015, la Fédération Départementale de Pêche du Gers s’est rapprochée de l’ADASEA 32 afin de mettre leurs compétences en commun dans un projet de préservation d’une des dernières et des plus importantes populations gersoise d’Ecrevisse à pattes blanches, présente sur le cours d’eau du Besiau, un petit affluent de l’Arrats.

L’Ecrevisse à pattes blanches est une espèce protégée dont les effectifs ont énormément diminué avec la modification ruisseaux et la dégradation de la qualité des eaux (pollutions chimiques, augmentation de la turbidité…). L’introduction dans les milieux naturels d’espèces exotiques d’écrevisses comme l’Ecrevisse de Louisiane par exemple a aussi fortement impacté les populations d‘Ecrevisse à pattes blanches car elles transmettent une maladie mortelle pour la « patte blanche » (la peste de l’écrevisse).

Autrefois bien présente sur la plupart des cours d’eau gersois, l’espèce ne subsiste plus que sur quelques petits cours d’eau encore bien préservés.

Sur le cours d’eau du Besiau, l’absence d’écrevisses exotiques évite la contamination de la population de « pattes blanches » qui réussit à survivre. En effet, plusieurs centaines d’individus de toutes tailles ont été observés par la Fédération Départementale de Pêche, ce qui démontre la bonne santé de l’espèce dans ce ruisseau qui arrive à se reproduire sans difficulté.

Le maintien de cette espèces rare et protégée est aussi à mettre en relation avec les nombreuses prairies et boisements qui sont encore bien présents sur le bassin versant du Besiau et notamment au plus près du ruisseau, le protégeant des pollutions chimiques et des coulées de boue.

Comptage de la population d’écrevisses du Besiau par la Fédération de pêche.

Toutefois, l’espèce n’est pas pour autant à l’abri. En effet, des points d’abreuvement sauvages de bovins et d’équins ainsi que des passages d’engins agricoles sont présents un peu partout le long du Besiau. Le piétinement des animaux qui viennent s’abreuver et le passage des tracteurs arrachent des morceaux de terre qui tombent dans le cours d’eau et se désagrègent en particules fines. Ces particules colmatent le fond du cours d’eau et notamment les habitats prisés par l’Ecrevisse à pattes blanches. L’impact est si fort que lors des suivis effectués par la Fédération de Pêche, aucune écrevisse n’a été observée aux abords des points d’abreuvements et des passages d’engins agricoles.

Inquiète du devenir de cette population d’Ecrevisse à pattes blanches, la Fédération de Pêche a cherché avec l’ADASEA à trouver des solutions pérennes pour préserver l’espèce du Besiau.

Pour cela, une enquête a été lancée en 2016 auprès des agriculteurs du bassin versant du cours d’eau. Elle a permis de cibler les sites à forts enjeux pour la conservation de l’Ecrevisse à pattes blanches. Ces sites concernent deux éleveurs, un de bovins et un d’équins.

Plusieurs rencontres avec les agriculteurs mais aussi avec les différents partenaires techniques et institutionnels ont permis d’identifier précisément les travaux de restauration à mettre en place pour protéger l’Ecrevisse à pattes blanches.

Zones dégradées le long du Besiau

Il a notamment décidé de créer 3 descentes aménagées permettant aux animaux de venir s’abreuver au Besiau sans dégrader les berges ou le lit du ruisseau. Il a également été prévu de stabiliser un passage à gué pour les engins agricoles ainsi qu’une mare où vient s’abreuver des vaches et dont le trop plein s’écoule dans le Besiau.

En contrepartie de la création de points d’abreuvement sur le Besiau, l’éleveur de bovins s’est également engagé à clôturer l’ensemble du Besiau et deux fossés sur ses terres afin d’éviter que ses bêtes ne marchent directement dans l’eau.

L’objectif de ces travaux est de fournir des points d’abreuvement fixes et stabilisés qui évitent aux animaux de venir boire n’importe où et directement dans le cours d’eau. Cela est primordial pour permettre de préserver une qualité de l’eau suffisante pour l’Ecrevisse à pattes blanches.

En parallèle la Fédération Départementale de Pêche du Gers a mené une étude pour mieux comprendre le comportement de l’écrevisse à pattes blanches et notamment sa capacité de dispersion en marquant certains individus avec des puces électroniques.

Pucage des écrevisses par la Fédération des pêcheurs

Pour le financement et la réalisation de ces travaux, La Fédération Départementale de Pêche et l’ADASEA ont rédigé pour les agriculteurs des dossiers de demande de subvention auprès de l’Agence de l’Eau Adour Garonne et de l’Europe. Pour le volet réglementaire des dossiers de déclaration loi sur l’eau ont également été envoyé à la DDT 32.

La Fédération Départementale de Pêche a également participé directement au financement des travaux.

Les différents dossiers ont été rédigés puis validés durant l’année 2017. Avec les intempéries importantes de l’année 2017, les travaux n’ont pu avoir lieu qu’en septembre 2018  en période de basses eaux, limitant ainsi l’impact sur le cours d’eau et la biodiversité qu’il abrite.

Quelques adaptations aux conditions locales ont quelque peu retardé la fin des travaux mais ils permettent aujourd’hui  de protéger une espèce patrimoniale tout en maintenant une activité agricole locale et extensive.

Travaux avant (à g.) et après (à d.) travaux: Descente aménagée pour équins dans une zone piétinée

Deux descentes aménagées pour bovins dans des zones qui étaient fortement piétinées

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